DFAM 03 MAL DE TERRE

Ces derniers jours, l’actualité les a rattrapées, leur a donné raison, les a confortées dans le bien-fondé de leur action de sensibilisation et de prévention des risques psychosociaux au cœur des exploitations agricoles, d’autres diront que la publication des  données chiffrées sur la fréquence des suicides de l’étude officielle InVS CCMSA leur a « fait un pont d’or »... Les agricultrices de DFAM 03 ont lancé et relancé de nombreuses invitations en privilégiant la cible masculine, la plus touchée par le mal-être : les agriculteurs. Les messages publiés sur le blog et les articles de presse dans l’Allier et dans d’autres départements ont expliqué voire valorisé leur volonté de combattre à leur manière la recrudescence de ces drames humains.

MAL DE TERRE TRAVAIL

Certains ont malgré tout appréhendé-
elles ont raison, nos agricultrices - c’est encore tabou !
C’est difficile de parler de soi et de ses ressentis !

Et la détresse reste cachée, bien enfouie  derrière le Travail. C’était si pratique de se donner bonne conscience derrière les labours et les semis, c’était si confortable, si facile de se complaire –et ce pourtant sans fondement et sans connaissance- dans un jugement caricatural d’une vidéo qui dénigrerait le monde agricole !
Ne nous trompons pas de sujet : Le thème, c’était bien les RPS et toutes ces femmes qui ont participé au projet sont à la fois fières de leur métier, de ce qui leur  procure- en dépit de tout ce qu’elles ont écrit- en épanouissement personnel et professionnel.

La première projection du clip « Mal de Terre » et la représentation de la pièce de théâtre « Le stress est dans le pré » par la troupe ‘Entrées de Jeu’  -cinq  comédiens plus que professionnels et en immersion, voire fusion avec le monde agricole - ont accueilli plus de 150 spectateurs, issus du monde agricole, rural et représentants de diverses organisations professionnelles agricoles de l’Allier et de nombreux autres départements.

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Ce n’était pas gagné ! Et pourtant les objectifs sont atteints : cinq minutes d’images choisies, belles mais fortes et poignantes, un texte qui fait frissonner,  ont amené à une prise de conscience, un électrochoc.

L’histoire de chacun de nous est entrée en résonance...
La séquence a créé l’empathie, elle a dérangé, est entrée dans chaque intimité  parce qu’elle reflétait la vérité.
Chaque spectateur s’est reconnu jusqu’à s’identifier.
La porte s’est pourtant entrouverte vers un espoir : des ressources internes telles que la passion et la beauté de notre profession et  des sources d’énergie externes telles que la famille, le couple, la solidarité et le réseau.

Et puis  la dédramatisation, la prise de distance par la pièce de théâtre et le débat qui a laissé place à l’humour et la dérision ! Au rire pour se libérer...

Reste à savoir le pourquoi de notre rire ? Un moyen de défense, une solution pour nous rassurer, nous protéger ?

Une phase surprise d’interaction (les agricultrices n’avaient rien dévoilé) avec le public qui s’est de bon gré, prêté au jeu et a accepté de monter sur scène dans l'objectif de confronter ou de relativiser les différents points de vue. 

Ces quelques heures au lycée agricole de Neuvy  furent un cri d’espoir pour empêcher l’irréparable, à l’attention de ceux que nous voyons  au quotidien travailler la Terre, pour qu’ils apprennent à lever le pied, à communiquer pour rompre un possible et dangereux engrenage, mais aussi une invitation à l’action à l’attention de chacun , afin que nous soyons toutes et tous des sentinelles soucieuses et solidaires de l’autre :
c’est notre affaire à tous !
Merci à tous ceux et celles qui nous ont soutenu,
ont participé  et ont permis la réalisation et le succès de cette journée !
 

" Encore bravo et merci à vous,  à toute l’équipe DFAM 03,
et à ceux que vous avez su trouver pour vous accompagner. 
Au-delà de ce que j’ai pu vous dire : la satisfaction de voir que l’étude est utilisée, que ces idées vont être diffusées, qu’elles vont aller au devant des agriculteurs et provoquer cette parole si utile !!!! Voir que  des agricultrices (eurs) s’emparent des résultats de l’étude pour les concrétiser dans le clip, échanger entre elles et s’épauler en groupe, provoquer l’après midi d’hier, sans compter toutes les suites qui viendront (l’agriculture vue par des agricultrices au festival du court métrage, diffusion sur internet et tout ce qu’on ne sait pas à ce jour….), c’est pour moi une des plus grandes satisfactions (jusqu’à l’émotion) qui soit.
Je vous souhaite à toutes une très belle continuation. Le clip me paraît adapté aux types de diffusion via internet, parce qu’il pose le problème sans langue de bois, et ouvre sur des perspectives. Il peut sans doute aider tout agriculteur à se dire « je ne suis pas le seul…ça m’autorise à en parler » 
Josiane Voisin  consulante ergonome.