en réaction MD

« Contactée récemment pour un documentaire tout public consacré à la nature et à la vie des animaux, on me propose de faire le portrait d’une de mes vaches, à différents moments de l’année, de filmer, je cite :
"4 ou 5 jours clés de la vie d’une vache sur plusieurs mois, l’objectif est de raconter les aventures de leur quotidien, les moments clés de leur vie, à différentes saisons. Avec des points d’orgue comme un vêlage, un concours, un changement d’exploitation, de pâturage, de troupeau, de saison… sa place dans le troupeau, son rythme de vie, ses moyens de communication, ses affinités avec les autres vaches, ses réjouissances, ses préoccupations […]"

Ce même jour, au fil d’un entretien téléphonique on me dirige vers un site et je lis, sidérée :
"Je suis "269", c'est l'identifiant d'esclave que l'on m'a attribué à la naissance en ayant déjà décidé du jour de ma mort. Je suis un veau, né d'un viol (insémination) et séparé brutalement de ma mère pour que je ne lui "vole" pas son lait.
Je partirai bientôt à l'abattoir... Ma vie n'aura été que quelques semaines de souffrance.
Je serai ensuite "transformé" afin que l'on puisse acheter sans remord ma chair et ma peau, considéré comme une simple marchandise.
Finalement, j'ai été sauvé et suis l'emblème du mouvement mondial 269 Life.
Ce mouvement de libération animale a pour objectif de faire cesser la domestication, l'élevage et la marchandisation des animaux non-humains, considérés comme des objets, des outils, torturés dans des laboratoires d'expérimentation animale, suppliciés lâchement dans des arènes, pêchés, traqués, vendus, séquestrés, envoyés à l'abattoir... "

Un ami agriculteur laitier m’adresse enfin un mail intitulé "Les bras m’en tombent ! " et je cite à nouveau : Dans l’excellentissime revue que tu tiens puisque tu lis cette non moins brillantissime chronique, je lis : " Elle est enceinte… Offrez-lui le meilleur aliment tarissement ". Le tout agrémenté d’une photo de vache et signé par une coopérative dont je ne citerai pas le nom mais […] Les bras m’en tombent et par effet domino, la revue aussi. […] Comment peut-on utiliser le mot « enceinte » pour un animal (qui plus est dans une revue agricole) ? […]"

Essayez de taper dans la barre de recherche Google « spécisme » on vous propose de vous expliquer l’interrelation ou l’intersection avec les différentes oppressions racisme, sexisme… : Un militantisme anti-élevage et anti-viande  dans les médias, dans les réseaux sociaux qui  jouit d’une écoute d’autant plus importante que  la plupart n’a plus  aucune idée, aujourd’hui, du processus (abattage, découpe, désossage, préparation, conditionnement...) menant par exemple à un steak haché !

E n réaction 1MDEt si on se souvenait que la visée finale de l’élevage bovin, ce sont  la production de lait et la production de viande. On n’oserait presque plus le dire, le clamer haut et fort de peur de faire fuir le consommateur, de le mettre mal à l’aise… Comme si il fallait occulter à tout prix la corrélation avec ce que l’on met dans son caddy puis dans son assiette…Comme si on véhiculait une image négative, malsaine et pas « dans l’air du temps » du tout !

                                                                      Mais où va-t-on ?

Oui, le code civil reconnaît l'animal comme "être vivant doué de sensibilité … mais l'animal est-il pour autant un humain comme les autres ?
Les vidéos tournées dans les abattoirs et diffusées sur les réseaux sociaux, la multiplication des actions anti-viande sous couvert de la défense du bien-être animal, ont la volonté de créer un malaise, de choquer.
EN REACTION 2 MDLes agriculteurs assistent, impuissants à cette confusion, à cet amalgame, à cette désinformation, à un matraquage de l’opinion publique, à des attaques et discours récurrents qui tendent subrepticement à décrédibiliser l’élevage et le métier d’agriculteur.
On dénonce l’élevage « concentrationnaire » - attention au parallèle ! l’abattage d’animaux, l’utilisation des animaux pour le travail par exemple…On (une minorité, une poignée de militants) veut en fait abollir la viande, fermer les abattoirs, nous imposer une démarche ou  idéologie intellectuelle, l’antispécisme (à vous de chercher la définition si vous êtes intéressé ?) nous véganiser, nous végétaliser en plaçant ces modes d’alimentation comme des modèles et des principes de moralité voire d’éthique… »
        M.D                   .                                                                                                                                            

 

« Il n'est pas moral d'élargir la communauté des hommes aux animaux. Mais plutôt que de parler de droits des animaux, il faut parler des devoirs que nous avons envers eux. Suivant le type d'animaux, animaux de compagnie, animaux de rente, animaux sauvages, ces devoirs varient : affection, protection, nourriture, maintien de la biodiversité, respect de l'environnement... Il n'est pas immoral en retour d'attendre de la nourriture, du travail, de la viande, parfois de l'affection. » François Wolf  [1]


 Le groupe DFAM 03  a réagi une première fois sur ce thème en écrivant un texte lors du concours organisé en lien avec "les violences faites aux femmes"  Lire le texte  L'animal_-la_femme-_est_un_homme_comme_les_autres
Contexte : En France, un animal domestiqué est reconnu comme « un être sensible, qui doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce ». (Article 9 de la loi n°76-629 du 10 juillet 1976). La réglementation protégeant les animaux d’élevage est sous-tendue par la reconnaissance de leur sensibilité, c'est-à-dire de leur capacité à ressentir le plaisir, la souffrance, des émotions. En France, c’est l’article L214 du code rural qui mentionne leur caractère d’êtres sensibles. Les agricultrices de Dfam 03 se sont amusées au fil de leurs recherches, à remplacer le terme « animal » par le terme « femme » Cherchons l’erreur !



[1] http://www.lafranceagricole.fr/actualites/relations-hommes-et-animaux-un-nouveau-contrat-de-domestication-1,0,89987061.html